Guêpe, huile essentielle de lavande, salade du jardin, pluie

Morvan, août 2017

Le tissu turquoise de mon débardeur s’imprègne du parfum d’huile essentielle de lavande, une piqûre inattendue au volant de la voiture. Sale guêpe. Mais j’écoute la douleur qui pousse comme une taupe sous ma peau, elle aimerait pointer son nez mais reste tapie dans ma chair devenue cuisante.

Le soleil m’a délicieusement brûlée hier et ce matin la pluie comme des mâts de bateau sur la campagne. Les betteraves, tomates, courgettes et potirons vont se régaler, les limaces aussi.

Le matin, se demander si on prend le chemin qui descend ou qui monte, vers le lavoir ou le château, les champs de fleurs ou le pâturage des vaches. Le vent s’est arrêté. Le temps d’écouter les gouttes s’aplatir sur les tuiles rouges mangées par la mousse. Il se faufile en moi une sensation grandissante de lâcher-prise. Rien. Ne rien attendre de soi. Ne rien attendre de rien, ni du soleil, qu’il dorme un peu!, ni de mes projets personnels, qu’ils hibernent eux aussi!, ni des autres. Ressentir le vide. Ne rien faire. Ne rien dire.

Silence.

Le silence d’aujourd’hui, l’emmagasiner pour les jours sans, ensuite. Ceux de l’automne qui arriveront bien assez vite, chargés de paroles, de cris, du brouhaha de la ville.

_MG_4719

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :