Respire

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Poudre de curcuma fouettée au lait d’amande, me réchauffer alors que Bruxelles gèle sous moins deux degrés. Pendant des mois j’ai vécu dans l’urgence d’écrire, donnant voix à tous mes personnages. Finir mon roman. Et puis tout à coup je sens que les battements de mon cœur ralentissent, que mon esprit s’apaise. Bientôt l’histoire prendra son envol. Seule, autonome, avec ce qu’elle a dans le ventre. Est-ce que je deviendrai orpheline ? Déjà, ce sentiment de non-appartenance, cette impression de flotter, dégagée de toute attente, s’emparent de moi. Et après, quel continent ?

Ecrire comme on partirait en voyage, valise ouverte sur le lit, vêtements épars, liste d’objets à ne pas oublier, chaussures encore à cirer. L’indispensable ? Et puis se retourner et jeter un dernier regard à la valise. Les mains vides, refermer la porte de la maison, quitter la rue, le quartier l’esprit aussi léger qu’un ballon d’hélium. Après on ne sait pas et c’est tant mieux ainsi.

Avant de replonger en moi pour trouver une perle, ou plutôt un grain de sable, un effleurement de nageoire, je respire. Je respire et je contemple. Reprendre possession de tout ce que je suis. Dessiner à nouveau les pourtours de mon corps, sentir de tous mes sens que je suis à nouveau moi. Que j’existe. Je respire.

Dans quelques jours, mes yeux s’enivreront de la lumière crue des montagnes enneigées. Fuir la ville et me gaver d’oxygène.

 

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