Journal de confinement – Jour 32

Longs jours d’absence.

Mon écriture est allée nourrir d’autres pages, d’autres histoires que celle de mes journées. Elles se ressemblent tant ces journées, elles se succèdent, à ne plus avoir quel jour de la semaine on est, à ne plus avoir l’énergie d’avoir faim, d’avoir sommeil, à ne plus savoir que répondre aux enfants tout aussi lassés que moi. Tenir bon. Tenir bon. Jusqu’à quand ? Je ne suis pas malade, mes proches non plus, quelques pots de terre ont enfin germé derrière la maison, je peux encore sortir faire les courses, faire du vélo dans les rues du quartier, prendre le soleil sur le pas de la porte. Nous avons tellement de chance.

Pourtant ce matin, je suis lasse. Lasse au réveil lorsque je me dis qu’il faut trouver en moi la force de réinventer un autre jour. Je voudrais m’étendre au soleil et oublier tout. Je voudrais être seule rien qu’un instant et oublier tout.

Parfois je me dis que les images parlent mieux que les mots, je prends mon appareil photo et consomme goulument une pellicule 36 poses noir et blanc. D’autre fois j’attrape le numérique et immortalise le regard des enfants, l’ombre d’un arbre sur le mur du bureau, les façades des immeubles et des maisons que l’on aperçoit de la salle-de-bains. Couleur verte d’un cuivre qui a vécu. Rose tendre d’un pétale de magnolia tombé sur le trottoir. Rouge clair de ces doigts de pieds de bébé qui se tendent pour hisser le corps entier en position debout, pour la première fois. Un an bientôt et nous serons confinés ?

Parfois je me dis que les saveurs sont plus réels que les mots. Je tombe dans un paquet de guimauves à l’ancienne, nous confectionnons à six mains un gâteau banane coco. Le parfum et le goût printanier des premiers brins d’origan cueillis et plongés dans de l’eau bouillante.

Parfois je me dis que les mots perdent saveur, densité, couleur et odeur, mais je les retrouve coûte que coûte, d’une manière ou d’une autre, ils sont là, ils seront là. Je suis pétrie de leur présence, surprise par leur obstination à ne pas m’oublier.

De chez moi, je continue à accompagner les auteurs, à croire en leurs histoires, à chercher avec eux la source de leur envie de raconter. J’aime ce métier.

 

Proposition d’écriture :

J’aime noter des titres de livres que j’aimerais écrire. La sonorité de leurs mots, les images qu’ils évoquent et surtout les promesses qu’ils recèlent. Et vous ? En avez-vous quelques-uns cachés dans un tiroir ou dans un coin de votre tête ? Que vous content ces titres ? A quel moment particulier de votre vie correspondent-ils ? Racontez-nous.

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